Au lendemain de l’enlèvement de la mère et de la sœur aînée de l’ancien ministre Tibou Kamara par des individus non identifiés dans la préfecture de Dinguiraye, le procureur général près la Cour d’appel de Kankan s’est exprimé devant la presse pour revenir sur les circonstances dans lesquelles cette haute juridiction a été informée de cette affaire. Selon les informations communiquées par le parquet général, les faits se seraient produits au domicile familial des victimes situé dans la commune urbaine de Dinguiraye.
« Le Parquet général près la Cour d’appel de Kankan porte à la connaissance de l’opinion publique nationale et internationale qu’il a été informé des faits d’une particulière gravité relatifs à l’enlèvement de trois personnes, citoyennes demeurant dans la commune urbaine de Dinguiraye, qui seraient membres de la famille d’un ancien ministre de la République », a déclaré le procureur général, M. Marwane Baldé.
Poursuivant, il précise que, selon les premières informations recueillies par le ministère public, les victimes auraient été enlevées à leur domicile par des individus encagoulés et armés.
« Selon les informations préliminaires portées à la connaissance du ministère public, les trois victimes auraient été enlevées à leur domicile à Dinguiraye par des individus encagoulés et armés, circulant à bord de trois véhicules de couleur noire. Les auteurs de ces faits demeurent, à ce stade, non identifiés », a-t-il indiqué.
Face à la gravité de la situation, le parquet estime que ces faits pourraient relever de plusieurs qualifications pénales.
« Au regard des circonstances décrites, ces faits sont susceptibles de recevoir les qualifications pénales suivantes, sous réserve des résultats des investigations :
1- Enlèvement et séquestration de personnes ;
2- Association de malfaiteurs ;
3- Détention illégale d’armes.
Ces infractions sont prévues et punies par les articles 303, 784, 848 et suivants du Code pénal. Ces faits portent une atteinte grave aux libertés fondamentales garanties par la Constitution », a expliqué M. Marwane Baldé.
Dans la foulée, le procureur général a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire afin de faire toute la lumière sur cette affaire.
« C’est pourquoi, conformément aux dispositions des articles 42 et 43 du Code de procédure pénale, le Procureur général instruit :
– Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Faranah ;
– Aux Juges de paix de Dinguiraye et de Dabola :
Procéder immédiatement à l’ouverture d’une enquête judiciaire approfondie contre X ;
Requérir les services compétents de police judiciaire pour toutes investigations utiles ;
Identifier, interpeller et déférer devant les juridictions compétentes toute personne impliquée, en qualité d’auteur, coauteur ou complice ;
Mettre en œuvre toutes mesures urgentes en vue de localiser les victimes et d’assurer leur sécurité. »
Le parquet condamne fermement ces actes
Par ailleurs, le parquet général a condamné avec fermeté ces actes qu’il qualifie de criminels. « Le parquet général condamne avec la plus grande fermeté ces actes criminels qui troublent gravement l’ordre public et portent atteinte à l’autorité de l’État. Il rappelle que nul n’est au-dessus de la loi et que toute personne impliquée dans de tels faits encourt les sanctions pénales les plus sévères prévues par la loi », a-t-il martelé.
Enfin, le procureur général appelle la population au calme et à la collaboration avec les autorités.
« Il appelle la population de Dinguiraye au calme, à la retenue et à la responsabilité, tout en l’invitant à une collaboration franche et sincère pour la manifestation de la vérité. Le parquet général rassure les familles concernées ainsi que l’ensemble des citoyens que tout sera mis en œuvre pour faire la lumière sur cette affaire et que les suspects répondront de leurs actes conformément à la loi. »
Sékou Camara
