Depuis 24 heures, une cohue inhabituelle est constatée dans les stations-service de Conakry. Inquiets par l’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient avec la fermeture de détroit Dormuz où transitent près de 20% du pétrole mondial, de nombreux automobilistes ont pris d’assaut les pompes pour faire le plein. Pourtant, selon les acteurs du secteur contactés par Africaguinee.com, cette ruée n’a pas lieu d’être. Explications.
Tout est parti des récents développements militaires au Moyen-Orient. Dans un pays où la mémoire collective reste marquée par les difficultés d’approvisionnement depuis l’explosion du dépôt d’hydrocarbures à Kaloum, la simple crainte d’une perturbation du commerce maritime mondial a suffi à déclencher des files d’attente inhabituelles.
À Conakry, dès hier soir, les jerricans ont refait leur apparition et les files de véhicules se sont allongées devant les enseignes de distribution, chacun redoutant une pénurie ou une hausse immédiate des prix.
Des stocks stratégiques « largement suffisants »
Pourtant, les échos provenant des cercles de décision du secteur pétrolier guinéen se veulent formels : la situation est sous contrôle. « Les stocks de carburant sont largement suffisants sur le territoire national », nous a confié une source proche des importateurs.
Dans un communiqué diffusé ce mardi, la Société Nationale de Pétrole (SONAP) rassure que les stocks disponibles permettent de couvrir suffisamment les besoins nationaux.
Plus rassurant encore, la planification à moyen terme ne semble pas affectée par les secousses internationales. « Les commandes pour les prochains mois sont non seulement confirmées, mais elles sont également sécurisées », précise la même source.
L’approvisionnement des stations se poursuit normalement
Sur le terrain, la logistique suit son cours habituel, nous rassure-t-on. Les camions-citernes continuent de quitter les dépôts pour desservir le réseau de distribution national, temporise une autre source sectorielle qui appelle au calme.
« Il n’y a aucune raison de céder à la panique. L’approvisionnement normal des stations-service continue sans interruption », assure-t-elle.
Comme pour dire qu’il n’y a pas de raison de modifier les habitudes de consommation. Car très souvent, ce sont les achats de précaution non contrôlés qui sont responsables de tensions artificielles sur le marché, créant des ruptures de stock localisées alors que le produit est disponible en dépôt.
Rédaction
