Candidature de Mamadi Doumbouya : voici les précisions d’un juriste…

Politique

En Guinée, le Général Mamadi Doumbouya a officialisé, ce mardi 3 novembre 2025, sa candidature à l’élection présidentielle du 28 décembre prochain, mettant ainsi fin à tout suspense. Depuis cette annonce, des débats s’animent autour de la conformité de cette décision à la nouvelle Constitution.

Pour certains, du point de vue de la loi fondamentale, notamment de son article 45 qui fixe les premières conditions pour être candidat à la présidence de la République, la candidature du Général Mamadi Doumbouya pose problème. Cet article évoque, entre autres, la jouissance des droits civils et politiques par tout candidat. Des observateurs estiment qu’à ce titre, le général Doumbouya ne remplirait pas cette condition pour prétendre à la magistrature suprême. Mais qu’en est-il réellement ?

Selon le juriste Mouctar Kalil Camara, cette disposition n’interdit pas au Général Mamadi Doumbouya de se porter candidat.

Cette disposition fait allusion à ceux qui ont été condamnés. Parce qu’il y a certaines infractions pour lesquelles, lorsqu’on est condamné, on perd ses droits civils et politiques. C’est-à-dire qu’on ne peut ni voter, ni être électeur, ni être éligible. On perd carrément ses droits politiques”, explique-t-il.

Le juriste poursuit : “Si nous nous référons à la Constitution, il n’y a donc aucun obstacle à la candidature du général Doumbouya. Même du point de vue de code électoral, il n’existe aucun empêchement”, soutient-il.

Toutefois, la Constitution évoque également la question des incompatibilités, relève le juriste. “Les incompatibilités prévues par la Constitution ou par le code électoral n’interviennent qu’après l’élection du candidat. Avant le scrutin, on ne peut pas en parler, car elles se rapportent à l’exercice de la fonction présidentielle. Une fois élu, le président de la République doit cesser toutes ses fonctions publiques ou privées, électives ou non.
L’autre forme d’incompatibilité, dite absolue, ne figure ni dans la Constitution ni dans le code électoral, mais dans les statuts particuliers de certains corps de l’État ou d’autres catégories de personnes
”, précise encore le juriste.

Alsény Sylla

Please follow and like us: