Nouveau tournant au Tribunal criminel de Dixinn. Ce lundi 23 février 2026, le juge Aboubacar Thiam a prononcé la mise en liberté immédiate de trois accusés, dans le cadre de la seconde phase du procès du massacre du 28 septembre 2009, des crimes d’une ampleur inédite commis au grand stade de Conakry.
Il s’agit de Georges Olémou, Jean-Louis Kpoghomou et Thomas Touaro. Cette décision fait suite au constat d’irrégularités majeures dans la procédure d’instruction.
Le tribunal a tranché. Les trois accusés — deux gendarmes et un militaire — qui étaient poursuivis pour des faits graves de complicité de viol, torture, enlèvement et séquestration lors des événements du 28 septembre 2009, ont vu leur procédure annulée.
Une bataille de procédure remportée par la défense
Le juge Aboubacar Thiam a fondé sa décision sur une série d’arrêts judiciaires préexistants que le parquet n’avait pas respectés. Le tribunal a notamment rappelé l’existence de l’arrêt n°09 du 15 mars 2023, qui avait déjà annulé l’information judiciaire contre ces trois hommes, ainsi que l’arrêt de la Cour Suprême du 29 juillet 2025 ayant rejeté le pourvoi du parquet.
Le président du tribunal a été sans équivoque : l’ordonnance de renvoi qui a conduit ces hommes devant le tribunal criminel est illégale. « Déclare que l’ordonnance de renvoi numéro 321 du 30 octobre 2023 rendue par le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn […] est nulle et de nul effet », a déclaré le juge Thiam.
En prononçant cette nullité, le tribunal « donne plein effet » aux décisions précédentes des chambres de contrôle et de la Cour Suprême. Après de longue minutes de délibération, le juge a renvoyé le ministère public « à mieux se pourvoir ». Africaguinee.com vous propose ci-dessous les arguments invoqué par le tribunal.
“Statuant publiquement, contradictoirement en matière criminelle, sur la forme et en premier ressort, après en avoir délibéré:
Constate l’arrêt numéro 09 du 15 mars 2023 de la deuxième chambre de contrôle de l’instruction annulant la procédure d’information ouverte contre les accusés Jean-Louis Kpogohmou, Georges Oulemou, Thomas Toireau et autres et ordonnant la remise en liberté des accusés détenus.
Constate l’arrêt numéro 08 du 29 juillet 2025 de la Cour suprême déclarant irrécevable le pourvoi du parquet général contre le dit arrêt.
Relève que l’ordonnance de renvoi numéro 321 du 30 octobre 2023 rendue par le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn est irrégulière.
Donne plein effet à l’arrêt numéro 09 du 15 mars 2023 de la deuxième chambre de contrôle de l’instruction et de l’arrêt numéro 08 du 29 juillet 2025 de la Cour suprême.
En conséquence, déclare que l’ordonnance de renvoi numéro 321 du 30 octobre 2023 rendue par le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance de Dixinn prise après l’annulation de la procédure par l’arrêt numéro 09 du 15 mars 2023 de la deuxième chambre de contrôle de l’instruction est nulle et de nul effet.
Donne plein effet aux arrêts numéro 09 du 15 mars 2023 rendus par la deuxième chambre de contrôle de l’instruction et à l’arrêt numéro 08 du 29 juillet 2025 rendus par la Cour suprême relativement à l’annulation de la procédure et à la mise en liberté des accusés Jean-Louis Kpogomou, Georges Olemou et Thomas Touaro.
Dis et juge que la question de la prescription ne saurait être examinée par notre tribunal car sans objet.
Renvoie le ministère public à mieux se pourvoir.
Mets les frais et dépends à la charge du Trésor public, le tout en application des dispositions combinées des articles 396, 533, 548, 1251 et 562 du code de procédure pénale. Telle est la décision du tribunal.
Nous y reviendrons!
Rédaction
