C’était attendu depuis plusieurs jours, c’est désormais officiel : à la suite d’un vote du Parlement révoquant le chef de l’État de la Grande Île, l’armée a annoncé la prise du pouvoir et la suspension de plusieurs institutions.
« Nous avons pris le pouvoir. Nous sommes devant le palais », a déclaré le colonel Mickael Randrianirina dans une vidéo diffusée en direct devant le palais d’Ambohitsirohitra, cet après-midi.
Entouré d’officiers militaires, il a annoncé la mise en place d’un comité national composé de membres des forces de défense et de sécurité. Ce comité pourrait, à terme, être élargi à des civils.
« On est là pour prendre le pouvoir parce que ça a assez duré. On va mettre en place un comité composé d’officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police nationale. Et peut-être, avec le temps, on pourra y intégrer un conseil civil. Ce comité assurera les fonctions de la présidence. Ensuite, un gouvernement civil sera mis en place », a-t-il précisé, répondant en français.
Une période de transition de plus de deux ans aurait été annoncée. Elle permettrait l’organisation d’un référendum pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, suivi d’élections destinées à mettre en place les nouvelles institutions gouvernementales.
Cette information a été confirmée par un ressortissant guinéen vivant à Antananarivo, qui décrit une journée marquée par des manifestations de joie après l’officialisation de la fin du mandat du président contesté Andry Rajoelina.
En début de matinée, Andry Rajoelina avait pourtant annoncé la dissolution du Parlement, alors que sa révocation était à l’ordre du jour. Malgré cette annonce, les députés se sont réunis et ont procédé au vote.
Selon un média local, 130 des 131 députés présents ont voté en faveur de la révocation du président ce mardi 14 octobre 2025.
Dans un communiqué, la présidence a dénoncé la tenue de cette séance parlementaire. Elle affirme que cette réunion, organisée après la proclamation officielle de la dissolution de l’Assemblée nationale, est « dépourvue de toute base légale » et contraire à l’article 76 de la Constitution.
« Toute délibération ou décision issue d’une réunion organisée en violation des dispositions constitutionnelles est réputée nulle et non avenue », ajoute le communiqué.
Toujours selon la Présidence de la République, la dissolution de l’Assemblée nationale avait pour objectif de rétablir le bon fonctionnement des institutions et de redonner la parole au peuple souverain à travers de nouvelles élections législatives.
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