Suppression annoncée du CEE : le mouvement syndical soulève de vives inquiétudes…

Faits divers

La suppression annoncée de l’examen d’entrée en 7ème année soulève des inquiétudes en Guinée. Alors que le ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation a récemment annoncé la mise en place d’une commission chargée de réfléchir sur ce sujet, certains acteurs du système éducatif guinéen alertent sur le « danger » que représenterait une telle décision.  Selon eux, l’examen d’entrée en 7ème représente un filtre essentiel pour évaluer les acquis fondamentaux des élèves à l’issue du cycle primaire.

Michel Pépé Balamou, Secrétaire général du Syndicat National de l’Education rappelle les conséquences de réformes précédentes mal préparées qui ont eu un impact sur la qualité et le niveau des apprenants.

« Je tire des leçons des décisions prises dans la précipitation. La suppression du baccalauréat unique, par exemple, a contribué à la baisse du niveau à l’université. Aujourd’hui, beaucoup d’étudiants sont incapables de rédiger une simple demande de stage. La disparition du concours d’entrée à l’université a eu un effet similaire. Le système LMD, censé favoriser l’autonomie, est confronté à un manque d’outils numériques et d’équipements dans nos institutions », observe cet acteur de l’éducation.

Le syndicaliste de l’éducation prévient que la suppression temporaire des compositions dans les écoles avait provoqué une perte de repères, avant d’être corrigée par un ministre plus rigoureux. Concernant l’examen d’entrée en 7ème année, M. Balamou reconnaît que des pays l’ont supprimé pour des raisons budgétaires, mais alerte :

« En Guinée, jusqu’en 2021, le CEE représentait à lui seul 45 % du budget alloué aux examens nationaux. Certains remettent même en question la valeur de ce diplôme. Cependant, sa suppression, sans alternative fiable, serait une erreur »

Interrogé sur le même sujet, M. Kabinet Keita, président de l’Observatoire indépendant des examens nationaux, se montre lui aussi préoccupé.

« Cette réflexion intervient alors que le niveau des élèves est en nette régression. Contrairement à l’an passé, les résultats sont en forte baisse. Nous pensons qu’il s’agit pour l’instant, d’une rumeur non confirmée officiellement. Mais si jamais cette suppression se concrétise, ce serait extrêmement préjudiciable pour notre école. »

Keita insiste sur l’importance de cet examen dans le contexte guinéen : « Le seul mécanisme permettant d’évaluer les compétences des élèves à la fin du primaire, c’est l’examen d’entrée en 7ème. Le supprimer reviendrait à instaurer un système de passage automatique, qui pénaliserait encore davantage les enfants », a-t-il expliqué.

Kabinet Keita plaide plutôt pour une amélioration des conditions d’enseignement et d’évaluation :

« Dans les pays ayant supprimé cet examen, des mécanismes rigoureux de suivi des apprentissages ont été mis en place. Ce n’est pas le cas en Guinée aujourd’hui. Il serait donc prématuré d’envisager une telle réforme. »

Du côté du Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG), le secrétaire général El Hadj Aboubacar Soumah indique que des consultations sont en cours à la base.

« Nous poursuivons les discussions avec nos membres. Une position officielle sera bientôt rendue publique, mais pour l’instant, rien n’est encore arrêté. »

Sékou Camara

 

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