Le Royaume-Uni annonce le retrait anticipé de ses troupes du Mali

Faits divers

Après la France et la Suède, le Royaume-Uni a annoncé ce lundi 14 novembre le retrait de ses forces du Mali. Les troupes britanniques, déployés dans le pays dans le cadre de la Minusma, la mission des Nations unies, sont pourtant connues pour leurs équipements de haute technologie, permettant des nombreuses victoires face aux groupes armés.

Le Royaume-Uni n’ira pas au bout de ses trois ans de déploiement au Mali, au sein de la mission des Nations unies pour la stabilisation de la région. Au Parlement britannique ce lundi, le ministre délégué aux Armées James Heappey s’est justifié : « deux coups d’État en trois ans » à Bamako ont « miné les efforts internationaux pour parvenir à la paix », rapporte notre correspondante à Londres, Émeline Vin.

Il accuse également le gouvernement malien de sa proximité avec le groupe de mercenaires russe Wagner, appelé par Bamako pour contrer l’émergence de groupes jihadistes dans la région et accusé d’exactions. Londres « ne peut pas déployer son armée dans un pays dont le gouvernement n’est pas enclin à œuvrer pour la stabilité et la sécurité », explique James Heappey.

Le ministre n’a pas donné de date précise pour le retrait des troupes britanniques, stationnées à Gao. Mais il participera la semaine prochaine à une conférence régionale au Ghana pour poursuivre le partenariat international en faveur de la stabilisation du Sahel.

Des troupes hautement équipées ayant permis de nombreuses victoires

Depuis 2020, le contingent britannique qui va plier bagages compte environ 300 militaires, dont 16 femmes. Dans le groupe, on retrouve des troupes de cavalerie, d’experts spécialisés en explosifs, des hommes en position de combat et un personnel médical.

Dans le Sahel, on reconnait ces soldats britanniques de la Minusma par leurs nombreux véhicules armés d'une technologie de pointe. Ayant le terrain comme métier, ils organisaient notamment des missions dans les zones difficiles d’accès : dans la région de Gao, mais également plus récemment dans le secteur des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso) où les jihadistes sont nombreux, rapporte notre correspondant régional, Serge Daniel.

Dans les villages et hameaux traversés, leur premier objectif était de rassurer et de protéger les populations. Mais ils allaient aussi au contact des jihadistes. Selon la mission de l’ONU au Mali, grâce à leurs patrouilles, des armes, des motos et autres matériels ont été saisis, des jihadistes ont été interpellés, et d’autres obligés de prendre la tangente.

Sur le terrain, les Britanniques, avec leurs équipements, avaient jusqu’à trois semaines d’autonomie, ce qui permet des patrouilles de longue durée.

RFI